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Voilà maintenant plusieurs semaines que je suis rentré et je ne réalise toujours pas que je viens de passer 4 mois à parcourir une partie du globe. En tout, j’ai fait 22000km pour atteindre Oulan Oude où j’ai pris le mythique transsibérien jusque Moscou. Au-delà du voyage en moto, j’ai vécu une véritable aventure humaine grâce aux rencontres mais aussi à tous les moments que j’ai passé seul au milieu de nulle part. En attendant votre tour, voici un compte rendu de l’équipement utilisé tout au long de mon voyage.

La Kawasaki Versys 650

Sur les 22000km parcourus au cours de ce voyage, j’en aurai fait 9000 sur piste et parfois même hors piste. J’ai roulé par -20 et la moto a dormi par -30 sans avoir de soucis de démarrage. J’ai aussi traversé d’innombrables rivières. Le cadre a, pour sa part, subi de terribles contraintes liées à la piste (tôle ondulée, sauts, saignées), et je n’ai eu aucun soucis, pas une casse, pas une panne, rien à déplorer. En plus d’être d’une fiabilité sans faille, cette moto m’a procuré beaucoup de plaisir du premier au dernier jour et dans toutes les situations. Avant de partir j’avais déjà été séduit par le moteur et la partie cycle sur l’asphalte mais je ne savais pas ce que cela allait donner en tout terrain. Les photos parlent d’elles-mêmes : la versys est à l’aise partout. Il suffit de bien la chausser Pour ma part j’ai opté pour deux Continental TKC 80 arrières (l’un des deux était monté à l’avant) en prenant les dimensions proches de l’origine. Il a ensuite simplement suffi de relever le garde boue avant.

Voici la moto avant

Voici la moto après

La préparation a été confiée à Benoit Leveillard (BL compétition)

L’autonomie a été revue en fixant deux portes-bidon sur le support sacoche permettant de passer de 19 à 29l d’essence. Ensuite pour le confort on a rajouté une bulle haute et des protèges mains pour protéger les leviers et dévier le vent qui est glacial en hiver. Afin de protéger la mécanique, une grille a été posée sur le radiateur, des protections en résine ont été moulées sur les carters et une protection a été faite pour le moteur.

L’équipement pilote, BERING

VESTE ETE DUNDY

Si la fin de mon voyage a été glaciale, j’ai particulièrement apprécié en Turquie cette veste aérée lorsque la température avoisinait 40 degrés, ce qui permettait de rester bien protéger sans souffrir de la chaleur. En cas de pluie pas de panique, une doublure jaune fluo étanche est rangée dans la poche arrière, permettant de rester au sec et bien visible.

VESTE ET PANTALON ALIAS

Pour ce voyage je voulais absolument du gore tex afin de lutter contre les intempéries et surtout contre le froid qui allait être terrible. Pour l’avoir testé jusqu’à -25 sur la moto, j’ai été bluffé par l’efficacité, le confort et surtout la capacité de cet ensemble, à se faire oublier. Ici encore malgré les chutes aucune déchirure n’est à déplorer et l’étanchéité n’a pas failli. Les doublures sont tellement confortables et efficaces que je dormais avec lorsque je campais par -20 pour éviter de souffrir du froid.

LES CHAUSSURES TROOPER

Plutôt que de prendre une paire de bottes et une paire de chaussures, j’ai voulu prendre une paire de chaussures montantes. Gain de poids, d’espace, elles se sont révélées très confortables et légères permettant de marcher plusieurs heures avec sans problème.

SAC A DOS BARKER

Posé en travers de la selle, ce sac a tenu toute la durée du voyage malgré les 23 kg embarqués. Les nombreux espaces de rangement et le volume important ont été un atout majeur lors de ce voyage. Pas de problème non plus du côté des sangles et des fermetures éclairs, tout a tenu.

SACOCHE DE RESERVOIR KRUGGER

Maintenue par sa surface aimantée ainsi que deux sangles supplémentaires lorsque je roulais sur piste, cette sacoche m’a permis de transporter tout le matériel électronique ainsi que mes papiers et les cartes sans jamais faiblir, et surtout de les garder au sec quelque soient les conditions. Si la place vient à manquer, il est toujours possible d’en augmenter le volume.

GANTS ETE VOLTAGE

Tout comme la veste j’ai opté pour des gants aérés pour l’été qui ont très bien vieilli et se sont  faits très vite oubliés.

GANTS MI SAISON SCORES

En plus d’un look sympa, ces gants faciles à enfiler sont parfaits dans la plupart des situations. Ils m’ont d’ailleurs servi de la Géorgie à la Mongolie sous la pluie et par des températures parfois négatives.

GANTS HIVER ZOOM

Ces gants en gore tex ont prouvé leur efficacité par des températures approchant parfois les -25, sans causer de gêne à la conduite. Si à l’arrêt on ne ressent pas le froid, dès que l’on commence à rouler le vent fait diminuer la température de manière exponentielle avec la vitesse et c’est là qu’ils ont montré toute leur efficacité.

Le casque ASTONE

léger et confortable je l’ai pris avec une visière fumée amovible, indispensable lorsque le soleil est de face et sur la neige.

La caméra embarquée ROLLEI

Cette petite caméra en forme de tube m’a permis de monter facilement des vidéos tout au long du voyage. Solide et légère elle ne m’a jamais gêné durant le voyage.

 

Je voudrai remercier Kawasaki France, BL Compétition, K extreme, Bering, Rollei et Astone de m’avoir aidé à réaliser ce projet. Un grand merci aussi à ma famille et mes amis qui m’ont accompagné tout au long de l’aventure.

Ça a vraiment été un plaisir de vous faire partager mon expérience et mon optimisme dans le contexte actuel, j’espère que ça vous a donné quelques idées. En tous cas, merci de m’avoir suivi, et pour certains d’être passé au salon de la moto. Ça a été encore une excellente occasion de parler de mon voyage mais surtout de faire la connaissance d’autres voyageurs

Maintenant la vraie question c’est: on repart quand?

A bientôt.

Maxime.

23 novembre

je suis repassé sur lemouv.com à 20h30 aujourd’hui et encore une fois je n’ai pas eu le temps de vous prévenir mais vous pouvez réécouter ;)

19 novembre, Moscou

Juste un petit coucou pour vous dire que je suis arrivé hier soir à Moscou et que tout va bien. Demain je pars pour Kiev, Pragues et Paris mais je ne suis pas sûr d’être en mesure d’apprécier à sa juste valeur ce retour après tout ce que j’ai vécu les mois précédents. C’est la raison pour laquelle je trouve que mon embarquement dans le transsibérien est une bonne fin pour ce périple. Néanmoins je vous promets un résumé de mon retour sur Paris après le salon de la moto.

Sinon hier je suis passé sur le mouv dans l’émission allo la planète présentée par Eric Lange et vous pouvez réécouter ma voix suave sur lemouv.com

Je passerai sûrement la semaine prochaine et promis je vous tiens au courant.

A très vite au salon, j’espère que vous serez nombreux afin de mettre des visages sur des noms et d’échanger des idées et des tuyaux sur les destinations car je compte repartir à l’aventure dès que possible.

Max

Aujourd’hui c’est le grand jour, le jour de mon départ, mais aussi la fin de mon périple dans ces contrées lointaines. Jalma me conduit à la gare, j’ai 47kg de bagages car j’ai dû tout enlever de la moto, plus 3 kg de bouffe et 1,5l de vodka pour tenir 4 jours. Ca devrait aller ;)

Comme prévu le frère de Sessigma arrive avec ses potes, on file à l’entrepôt de la gare, on soulève les 257kg (à 6 ça se fait bien) et on pose le tout sur le chariot. Le train est arrivé, il repart dans 40 min à 10h30, il ne faut pas trainer. Mais changement de programme, il n’y a pas assez de place dans le transsibérien qui vient de Vladivostock, elle prendra le transmongolien qui vient de Beijing et suit une heure derrière.

Là encore pas de soucis, ils me disent qu’ils s’occuperont sans moi du chargement, si eux sont impressionnés que je vienne d’aussi loin par ce froid, moi de mon côté je le suis par leur gentillesse et leur accueil. Franchement merci les gars. Une heure plus tard je reçois un coup de fil comme quoi la moto est bien chargée. Je tiendrai ensuite jusqu’au lac Baikal avant de tomber dans un sommeil profond en pleine aprem : Le Repos Du Guerrier !!!

Pour moi le voyage s’arrête ici dans le transsibérien.

Je vous invite à regarder la dernière vidéo de ce voyage qui retrace mon périple d’Oulan Bator jusque dans le transsibérien

http://www.youtube.com/watch?v=MZ45h0DWWJI

le transsibérien, c’est l’occasion de me remémorer tout ce que j’ai vécu durant ces 3 mois et 22000km dont plus de 9000 sur piste. J’ai vécu un rêve que j’ai essayé de vous faire partager, je me suis régalé avec tous ces paysages, ces personnes que j’ai rencontrées et tous les messages que vous m’avez laissés.

Je vous ai d’ailleurs laissé un petit message

http://www.youtube.com/watch?v=lS45rcyrAWc&feature=related

C’est maintenant la fin de mes aventures et je vous sens tout triste, mais rassurez vous, je ne vous abandonne pas tout de suite. Je vous attends au Mondial du Deux Roues sur le stand Kawasaki du 29 novembre au 4 décembre pour parler voyage, échanger, et faire durer le rêve.

Je vous ai laissé un message

Je vous dis donc à très vite !!!

Max

Debout 7h, à 8h on arrive chez Jeanne où je dois récupérer ma moto. Il fait -25 degrés, ça ne s’arrêtera donc jamais, on se rend à la gare. A partir de ce moment là tout se déroule en russe et je ne maitrise plus rien et remet mon destin entre les mains de Jalma et Sessigma. Non, non, je n’en rajoute pas ;)

Il y a un train demain et si ma moto est trop lourde pour être transportée en tant que bagage dans le même train que moi, il est possible de l’envoyer par container. Le train met 8 jours tandis que le mien en met 4. La moto arrivera donc le 22 novembre à Moscou, ce qui me laisse 6 jours pour rentrer sur Paris à temps pour le salon. Ca va être juste !

On se pointe dans l’entreprise censée fabriquée la caisse dans la journée. Apparemment, il est normalement possible de prendre la moto en bagage dans le même train et donc de me faire gagner 4 jours. Ils l’ont déjà fait pour d’autres motards et acceptent alors jusqu’à 250kg maxi. Parfait c’est dans la poche. Vers 16h la moto est en caisse, on appelle la gare. Finalement ce n’est plus possible car l’ensemble fait 330kg. On se rend à la gare Sessigma dit que ce n’est pas possible si la caisse fait 50kg et la moto 200. Mais ils confirment. On se rend chez le fabricant en disant qu’il faut refaire une caisse, il est 16h30, on a jusqu’à 18h. Les employés sont un peu deg mais on insiste et ilsdémontent la caisse et la pèsent. Verdict : 130kg. Sessigma qui gère tout depuis le début, leur montre un schéma pour faire une caisse plus légère. Ils mettront 40 min à la faire. On pèse le tout : 257kg. On appelle la gare, ils acceptent. Mais c’est une caisse de merde avec des clous qui dépassent de partout, à la gare ils le remarquent, appellent le fabricant qui se fait engueuler et qui va passer à son tour un savon à ses employés par téléphone. Tout se passe en russe, mais pas besoin de sous titres pour comprendre ce qui se passe. Mais le principal c’est que c’est accepté.

Quoi qu’il y a encore un problème, je dois charger et décharger la moto par mes propres moyens. Mais Sessigma me dit qu’il n’ya pas de soucis, son frère et ses amis viendront demain m’aider à charger la moto, et ses cousins de Moscou seront là pour m’aider à la décharger. Je ne sais vraiment pas comment la remercier, elle a tout géré dans le calme et la bonne humeur. Je suis sur le cul.

Ce matin lorsque j’arrive dans la cuisine, des œufs pochés m’y attendent. Le pied, Jeanne passe de nombreux coups de fil, je reste avec sa sœur durant une heure. Puis elle vient me dire qu’il y a un train pour moi demain et qu’on verra pour trouver un container pour la moto. En attendant, on file à Oulan Oude voir la grosse tête de Lénine.

C’est étonnant qu’ils la gardent, moi je l’aurai détruite depuis longtemps, même la rue principale est encore à son nom. On me conduira ensuite chez Jalma où je passerai l’après midi à manger, faire le tour de la ferme et où je visiterai un temple bouddhiste.

La communication est grandement facilitée par Sessigma qui parle très bien anglais. Elle parle aussi chinois et un peu japonais. Donc ça va elle gère ! Sinon tout le monde est au petit soin avec moi, je suis sur un petit nuage. Dire que nous n’avons fait connaissance qu’hier…

Bien content d’être en Russie, pour l’instant j’arrive à tenir mon programme. Plus que 250 km dans un froid glacial et c’est la fin du calvaire. Je pars en fin de matinée pour avoir moins froid, je passe avant à la réception de l’hôtel pour payer ma chambre. C’est payé ! Ca me touche vraiment que ces trois femmes m’aident mais je ne voudrai pas abuser. Je suis bien décidé à les appeler quand j’arrive à Oulan Oude ne serait ce que pour les remercier.

 

 

Je m’élance à 60-70 vers Oulan Oude en m’arrêtant toutes les heures pour me réchauffer avec un bon thé. Ce n’est pas technique du tout mais lutter continuellement contre le froid c’est crevant. Aujourd’hui non plus je ne profite pas vraiment des paysages, je veux juste arriver et être chaud, pourtant c’est beau.

 

Après 5 h de route, j’arrive à Oulan Oude, je me cherche alors à la recherche d’un cyber café, entre dans un centre commercial, mais rien. La femme de ménage me voit en galère et demande à l’agence de voyage si je peux passer un coup de fil. Grâce à leur aide j’arrive à joindre Jeanne, l’une des trois mamans qui parle un peu anglais.

30 min après elle m’emmène à la gare pour se renseigner. Un train part demain à 8h, il faut vider le réservoir d’essence, mettre la moto en caisse et il faut que moto + caisse ne dépasse pas 165kg sachant que la boite pèsera autour de 50 kg, je leur dis qu’il n’y a pas de soucis ;) Jeanne m’emmène ensuite chez elle, prépare à manger, appelle ses copines dont Jalma qui se tape 40 km pour venir me voir sachant qu’aucune ne parle anglais à part Jeanne qui se débrouille un peu. Pas de soucis pour Jalma, sa fille Sessigma parle anglais et elle lui passe régulièrement des coups de fil pour qu’elle joue l’interprète. Après manger, on part au resto, Jalma veut me faire gouter une sorte de ravioli qui est la spécialité de la région. Sinon elles m’expliquent qu’elles sont Buriat et que leur langue est très proche du mongol, c’est un peu comme les corses chez nous qui sont corses avant d’être français. En tous cas elles me font bien marrer. De retour chez Jeanne, un de ses amis arrive pour mettre ma moto en caisse, il est minuit. Mais quand il voit la versys, il me dit qu’elle doit faire dans les 200 kg donc ce n’est pas possible. Tan pis on verra demain.

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